Figue

Description

Le figuier, arbre souvent à l'état sauvage, situé le plus souvent près des vignes fait partie de la famille des Moracées. C'est un arbre fréquent dans le bassin méditerranéen où il est cultivé depuis des millénaires. Les figuiers sont représentés par 700 espèces environ, réparties dans les pays les plus chauds de la planète.
La figue a une chair douce et molle, son intérieur est très doux et sucré. La figue est un faux fruit, mystérieux car sous sa peau, on dégustera en fait des centaines de petites fleurs. Les vrais fruits sont les graines qui s'y trouvent. 
La figue resta une énigme pour les botanistes jusqu'au XVIIIème siècle. 

Historique

* Dans la Grèce antique, le figuier était présent dans de nombreux cultes comme celui de Déméter, déesse de l’agriculture.
La tradition romaine veut que Romulus et Remus, les deux frères fondateurs de Rome, aient été trouvés sous un figuier en compagnie de la louve.
Les carthaginois, puis les grecs étendent sa culture, et les romains la propagent dans tout le bassin méditerranéen en généralisant sa plantation. Ils consommaient ce fruit avec du jambon cuit, et l'utilisaient pour gaver et engraisser les oies.
Les grecs associaient ce fruit sucré avec l'huile, le pain, le vin et le miel.

* En France, on attribue l’implantation du figuier aux phocéens qui vinrent coloniser les côtes méditerranéennes au VIème siècle avant JC.
Louis XIV adorait les figues. Il aurait fait planter dans ses jardins, plus de 700 figuiers de diverses variétés.
Au Moyen Âge, le terroir marseillais assure une grande partie de la production française et nombre de recettes apparaissent. Malgré le fait qu'Olivier de Serres ait noté que « de fortes bonnes figues »  poussaient en plusieurs lieux en Languedoc-Roussillon, le figuier n'est cultivé qu'ici et là dans les vignes.
Au XIXème siècle quelques terroirs se sont spécialisés dans la culture de la figue, Puissalicon dans l'Hérault, Belvianes dans l'Aude, Pont-Saint-Esprit, Pèzenas, Nézignan l'Evêque…

Terroirs et production

* Actuellement dans le monde, on produit 1 million de tonnes de figues dont 90 % en provenance du Bassin méditerranéen et du Moyen-Orient. Seul 10 % de ce tonnage est consommé en frais.
La Turquie avec 270 000 tonnes est le premier producteur mondial. La production française ne représente que 1 % de la production turque.

* La culture du figuier en Languedoc-Roussillon est presque tombée en désuétude, et l'essentiel de la culture française se fait en Provence, qui produit 2 500 des 3 000 tonnes annuelles. En Languedoc-Roussillon, un certain nombre d’exploitations viticoles notamment, se sont tournées vers la création de petits ateliers arboricoles (coings, figues, autres prunes) pour approvisionner les populations locales et les touristes et pour rentabiliser leur exploitation.

* Dans le Roussillon, une poignée de producteurs du côté d’Espira de l’Agly, de Baho et de Rivesaltes, maintient cette production locale de figues fraîches, en agriculture biologique.
Les Journées Méditerranéennes de la Figue se déroulent en octobre dans le village de Vézénobres dans le Gard. Elles sont entièrement consacrées au figuier et à la figue (en commémoration d'une très ancienne tradition du village, le séchage de la figue).

Savoir-faire

* Il existe deux types de figuiers assez faciles à distinguer, le figuier mâle (ou caprifiguier) et le figuier femelle (ou figuier domestique). Seuls les figuiers femelles produisent des figues comestibles tandis que les figuiers mâles donnent des figues immangeables.
On distingue plusieurs variétés : la Figue Blanche précoce et très parfumée, la Verte Juteuse à la peau très fine, la Violette qui est la plus sucrée et la plus juteuse mais très fragile et la Figue Noire sucrée et peu juteuse, mais la moins fragile.
Quelques jolis noms de variétés de figues blanches : la Figue de Marseille, la Blanche de Versailles, la Blanquette, la Figue d’Argenteuil. Quelques noms de violettes : la Violette de Solliès (Bourjassotte Noire) qui représente 80 % du marché, ou encore la Goutte d'Or de Nice, la Coll de senyora (col de dame en français), la Barbillonne, la Sultane...

* Le mode de reproduction du figuier est une extraordinaire curiosité de la nature. En effet, le figuier ne peut être pollinisé que par le blastophage (un insecte parent des abeilles), et le blastophage ne peut se reproduire que grâce à la fructification du figuier. Aucun des deux n’existerait sans l’autre.
Les figuiers mâles produisent le pollen, indispensable à la perpétuation de l’espèce. Mais, s’ils s’en tenaient là, il n’y aurait pas de fécondation possible. En effet, les fleurs femelles, fermées hermétiquement dans les figues, n’auraient aucune chance de recevoir le pollen via le vent et d’être fécondées. Les figuiers mâles “fabriquent” donc aussi, à des millions d’exemplaires, des insectes ailés très petits, si petits qu’ils peuvent s’introduire dans les figues du figuier femelle en se faufilant entre les bractées (les petites pièces qui en obstruent l’ouverture) pour y apporter le pollen.

* Le figuier est un arbre qui ne dépasse pas 7 à 8 mètres de haut et n'a souvent pas plus de 3 à 4 m, avec une cime basse, arrondie et étalée, mais il est souvent buissonnant. Son tronc est trapu et épais. Il peut dépasser 1 m de circonférence.
Le figuier préfère les sols perméables, riches, profonds et frais, mais accepte les terrains rocailleux. Il ne prospère qu'en exposition chaude et ensoleillée.
Certains figuiers produisent deux récoltes par an (bifères). La première a lieu généralement au début de juillet, et dure de trois semaines à un mois. L’autre débute mi-août. Les figuiers unifères donnent une seule récolte qui débute en août pour se terminer en octobre voire en novembre pour certaines qualités.
Le figuier peut se multiplier de multiples manières. Le semis, par exemple, quoique peu pratiqué, est possible.
Le figuier peut être également propagé par culture in vitro, par marcottage aérien, par enracinement des rejets et par greffage. Il est également très souvent propagé par bouturage.

Usages

* Fruit méditerranéen par excellence, la figue peut jouer un rôle équilibrant dans l’alimentation, grâce en particulier à sa densité élevée en minéraux. 
Les anciens, paraît-il, s’en servaient pour brûler les verrues et apaiser les piqûres de guêpes !
Elle assure également un complément non négligeable en vitamines du groupe B (souvent déficitaires dans l’alimentation), ainsi qu’en substances anthocyaniques ayant des propriétés " vitamine P " (précieuses pour la santé des petits vaisseaux sanguins).
Son apport énergétique se révèle finalement raisonnable, puisqu’une figue (pesant environ 45 g en moyenne) représente moins de 25 kcal... Ses fibres se montrent très efficaces pour stimuler les intestins.

* Choisissez-la souple au toucher, saine et charnue, avec une queue ferme. Elle est alors parfaitement mûre, tendre, moelleuse et délicieuse. Une goutte blanche qui perle à sa base doit vous conforter sur la fraîcheur du fruit. Conservez-la très peu de temps. A moins que votre fruit ne manque de maturité, il ne peut guère attendre plus de 24 heures. Fragile, la figue s'abîme très vite. De plus, elle ne doit pas entrer dans le réfrigérateur qui masque son arôme.
La figue sèche, elle, se garde plusieurs mois dans une boîte hermétique.

Préparer, Cuisiner, Déguster

La figue se consomme comme fruit de table. Elle se marie volontiers aux saveurs salées, jambon de pays, fromages de chèvre ou de brebis… Mais, elle entre aussi dans la préparation de tartes, clafoutis ou gratins. On peut la pocher dans du vin, la rôtir au four, en faire des compotes ou des confitures. Elle accompagne alors canards et cailles ou quelques pintades, lapins, faisans… et même le foie gras.
C’est un produit quelque peu méconnu, qui permet de rendre plus festifs des mets ordinaires, par ce mélange sucré-salé que les cuisines exotiques nous ont appris à apprécier.

 

 

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Figue sur l'arbre : Fotolia